Un Demi-Siècle d’édition Française

couv8348226.jpgRésumé : 

«Pourquoi Gallimard ? Parce qu’il fut unique et exceptionnel. Certes, de grands éditeurs, il y en eut d’autres et non des moindres. Mais de tous ceux qui s’étaient lancés dans cette aventure au cours de la première décennie du siècle, il fut certainement le seul, au soir de sa vie, à pouvoir éventuellement se permettre de feuilleter l’épais catalogue de sa maison d’édition en se disant : la littérature française, c’est moi.»

Avis : 

Je reviens avec, non pas un livre que j’ai choisi, mais un de ceux qui fait partie de ma bibliographie d’été avant la reprise des cours. Un livre qui porte autant sur la vie que sur l’oeuvre de Gaston Gallimard. Le nom ne m’était pas inconnu, cependant j’étais loin de me douter de la personne qu’il y avait derrière.

Pierre Assouline nous raconte l’histoire de Gaston, l’homme derrière les éditions Gallimard depuis sa toute jeune enfance, jusqu’à ce qu’il devienne le célèbre éditeur qui laissa son nom à sa maison. L’auteur nous précise bien dès le départ les difficultés d’écrire un tel ouvrage car il est rare pour les maison d’édition de donner accès à leurs information tout comme il est rare de trouver des ouvrages sur des éditeurs français. Néanmoins, ce livre est jalonné de références ce qui laisse penser que l’auteur avait le soucis de nous présenter Gaston Gallimard tel qu’il l’était en réalité et non pas une figure romancé.

Dans ce roman, nous sommes donc plongé au cœur de l’édition français, pas seulement la maison Gallimard et NRF mais aussi tous les concurrents de l’époque avec leurs petites combines et les coups bas pour récupérer les auteurs. On nous parle aussi beaucoup des relations qu’entretiennent auteurs et éditeurs notamment Gallimard et Grasset et les talents de négociateurs qu’ils faut souvent aux deux hommes face aux écrivains qui ont parfois leurs petits caractères et leurs petits caprices. Souvent ces deux éditeurs sont comparés pour nous donner deux définitions du métier. On voit que Gallimard avait une vision à long terme, très long terme. Il voulait être THE éditeur de littérature française et pour ça tout était bon quitte à entretenir des auteurs à perte sur une simple promesse de roman de leur part. On voit de l’intérieur comment un roman peut être choisi ou imposé suivant les relations de l’auteur et comment parfois Gallimard se trompe au sujet de manuscrit qu’il essaiera de récupérer coûte que coûte.

Il y a parfois ( voire souvent ) des longueurs et j’ai parfois eu du mal à me souvenir de tous les noms des auteurs ou des collaborateurs de Gaston, parce que dieu sait qu’il a du monde autour de lui ! L’auteur m’a semblé parfois confus avec des bons en avant dans le temps pour revenir en arrière qui m’ont parfois embrouillée. Par contre, il y a toute une partie sur les éditeurs sous l’Occupation Allemande et leurs réactions face à la censure que j’ai trouvé très intéressante. Que faire lorsqu’on est surveillé ? Publié ou non ? Comment choisir ces ouvrages ? Ecrire ou ne pas écrire ? Les différentes éditeurs de l’époque y répondent de façon différentes certains choisissant la collaboration, d’autre les publications illégales et enfin un dernier groupe qui tente de jouer sur les deux tableaux. Des choix qu’il faudra cependant justifier lorsque les Nazis seront vaincus. Pas toujours facile de se défendre lorsqu’on a imprimer des textes d’auteurs allemands pour la propagande. Toutefois Gallimard, comme tout au long de sa vie, à eu du flaire pour choisir ces ouvrages et s’en sortir sans trop de problème.

C’est sans doute ce qui m’a le plus impressionné tout au long de ma lecture : le flaire de l’auteur pour imprimer des auteurs qui ne lui présentaient pas toujours un ouvrage extraordinaire mais en qui il a cru et chez qui il a desceller du talent. Des auteurs dont on parle encore aujourd’hui. Je ne dirais pas que c’est un incontournable, mais il reste tout de même intéressant si vous voulez en savoir plus sur l’édition et les métiers du livre en générale.

En Bref :

Une chronique historique intéressante sur la vie d’un homme qui a réussi son pari de faire de sa maison un pilier de l’édition française.

Note ♠♠♠♠♠

Plus caméléon, plus roublard que Grasset, il ( Gallimard) réussit souvent là où son concurrent échoue car il ne ment pas effrontément comme lui, il ment avec machiavélisme, ingéniosité, séduction. Il met une certaine colupté à se concilier les uns les autres , quand Grasset les traite avec une cuistrerie et une brutalité non contenues.

 

Oser choisir et savoir attendre : ce pourrait être la règle d’or de tout éditeur.

 

 

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