couv69882510.jpgRésumé : 

« La cabine n° 1 avait quelque chose du confessionnal, version luciférienne. Granules épais rouge sombre le long des murs, comme repeints d’un vomi de viande saignante. C’était une pièce étroite et haute de plafond, séparée en son milieu par un gros grillage noir. Le client était assis en contrebas… » Louise travaille dans un peep-show et elle fait ça bien. Sans se forcer. Elle se renverse contre le mur, ferme les yeux et se met au boulot… Elle officie patiemment avec parfois cette envie d’être ailleurs, d’échapper à son histoire… Mais le jour où on découvre deux filles sur le carreau, gorges et visages bien nettoyés, écorchés… ça rigole plus pareil, d’un coup… et Louise d’en apprendre, des choses, sur ce que les garçons font aux filles…

Avis : 

Après avoir lu et apprécié son King Kong Théorie, j’ai eu envie d’explorer un peu plus l’univers de cet auteur en piochant dans ces romans. Au cas ou vous ne soyez pas au courant, c’est franchement trash, elle parle de sexe, de drogue, de prostitution et de tout cet univers sans mâcher ces mots. C’est souvent glauque et le dernier soucis de l’auteur c’est bien de nous épargner. Mais voila j’accroche franchement avec le style de l’auteur et avec ces héroïnes complètement paumées et ces histoires tordues.

Les Chiennes Savantes c’est avant tout l’histoire de Louise qui travaille comme strip-teaseuse dans une organisation plutôt bien ficelée. Louise est sous la protection de la Reine-Mère, grande matrone de l’organisation dans laquelle elle travaille. Pour elle ce n’est qu’un boulot comme un autre, elle n’en éprouve ni honte ni dégoût. Autour d’elle gravite tout un tas de personnages : prostitués, dealer, camés ou simplement des oisifs qui se contente de profiter de l’argent qu’on leur procure en vivant de sexe de drogue et d’alcool. Bref des gens à un milliard d’année de ma petite vie rangée. Tout va bien pour eux dans le meilleur des monde jusqu’à ce que deux collègues de travail de Louise soient retrouvée sauvagement assassinée. A partir de là tout dérape la concurrence tente de reprendre le business de la Reine-Mère et un certain Victor grand manipulateur de femme semble être la clé du mystère.

J’ai apprécié ce roman, bien plus que je ne l’avais fait pour Hell à cause de l’ambiance lugubre et glauque que Virginie Despente a si bien su nous rendre. Les lieux autant que certains de ces personnages sont dérangeants voir malsains. Je ne me suis pas attaché à cette héroïne désabusée, mais j’ai éprouvé une certaine curiosité à son encontre, si bien que j’ai continué à lire non pas pour savoir ce qui allait lui arriver, mais pour savoir comment elle allait réagir alors que l’intrigue avançait. Par personnage interposé on va suivre une pseudo enquête pour retrouver qui à massacrer ces deux femmes. Et quelle surprise lorsqu’on l’apprend !  je m’attendais à mais vraiment pas à ça, ce qui fait encore un bon point pour l’auteur. Mais pour moi le gros point fort de ce roman reste l’écriture de Virginie Despente et son style brute. Avec des mots choisis elle parvient à nous dépeindre le monde de la prostitution qui me paraît franchement plausible mais sans en faire trop ni nous donner une quelconque leçon de morale. Si vous êtes intéressés par ce milieu underground, que vous n’avez pas peur des mots crus et que vous avez quelques heures devant vous, je vous conseille d’aller y faire un tour.

En Bref : 

Un bon roman sans plus d’un auteur que je vais continuer à découvrir.

Note ♠♠♠♠

-Et pourquoi tu me racontes tout ça ?

-Parce que j’adore foutre la merde.

Grand sourire angélique, la dent en moins, les yeux qui couvaient quelque chose, ce côté malsain amusé qui lui convenait si bien.

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