C’était la drôle de guerre de mon grand-père…


1507-1Résumé :

Tout commence par un simple carnet de la taille d’un cahier d’écolier, aux lignes régulières, dont Laurent Gerra ne s’est jamais séparé et auquel il a toujours accordé la première place dans son cœur. Il s’agit du Journal de guerre de son grand-père, qui l’a écrit sous ses yeux, lorsqu’il était enfant. Avec quelques ratures ici ou là, le texte a été rédigé d’un seul jet, comme un récit qu’on porte en soi depuis trop longtemps.
Bien des années plus tard, l’humoriste décide de le faire connaître. D’autant que ces souvenirs témoignent de la « drôle de guerre » vécue par tant de Français à partir de l’été 1939. Et voilà que revivent sous nos yeux un autre temps, une autre époque et l’irréductible complicité entre un grand-père et son petit-fils. Car Laurent Gerra a grandi auprès de cet homme qui lui a raconté sa guerre, de la mobilisation à son entrée en résistance, mais aussi la vie, la nature qu’il aimait tant et, sans le savoir, lui a mis le pied à l’étrier en lui offrant un jour, son premier public.
Ce fut le déclic de la passion. Il n’avait pas 5 ans.

Avis :

Ce roman m’est arrivé entre les mains un peu par hasard. Je l’avais offert à ma grand mère pour Noël parce que c’est une grande lectrice ( et parce qu’elle n’aurait sans doute pas lu un livre aussi récent). J’aime assez Laurent Gerra mais il sort ici totalement du registre dans lequel on le connait. Alors si ma grand-mère ne m’en avait pas dit autant de bien je ne l’aurais certainement pas lu ( merci mamie ). Les témoignages sur la Seconde Guerre Mondial, c’est pas trop mon truc. J’ai pourtant été agréablement surprise !

Le récit se déroule en trois temps au début et à la fin c’est Laurent Gerra qui parle de son grand-père, qui nous explique sa vie, le contexte, il nous met dans l’ambiance. Et au milieu, on trouve le récit de guerre de Georges Gerra, tel qu’il l’avait consigné dans son carnet personnel.

J’ai vraiment beaucoup aimé l’écriture de Georges Gerra. C’est simple, léger et sans fioriture mais percutant. Il nous parle de la guerre mais sans pathos, ni haine ou reproche nous livrant des faits mais sans oublier d’une bonne dose d’optimisme et d’humour et c’est sans doute ce qui m’a le plus surprise ! Georges Gerra livre la guerre qu’il a vécu comme pour la raconter à son petit-fils, la violence n’est donc pas omniprésente dans ce récit. On nous parle bien sur de bombardement ou de mort, comment pourrait il en être autrement ? Cependant ce n’est pas là dessus que ce concentre l’auteur. Il préfère nous parler de leurs périples et de ces relations très profondes avec ces infortunés compagnons de voyage. Car se retrouver prisonnier de guerre, puis prisonnier en fuite et enfin résistant a crée des amitiés sincères entre ces hommes qui perdura bien au delà de la guerre. Il nous livre ces péripéties de guerre sans enluminure, qu’elles soient glorieuses ou pas rendant son récit encore plus authentique.

Laurent Gerra a une écriture tout aussi agréable que celle de son grand père, au point que je n’ai personnellement pas noté de réelle différence dans les deux récits. Une bonne chose qui nous permet d’entrer facilement dans le récit et j’avoue qu’on en sort difficilement. Il nous parle de son grand-père de façon plus personnel, de l’homme qu’il a connu et nous livre une belle déclaration d’amour pour un homme qu’il admire énormément. Il ajoute à ça les recherches qu’il a faites pour tenter de retrouver les petits-fils des camarades de son grand-père. Il est parvenu à prendre contact avec certains qui nous donnent aussi une autre vision de cette guerre. Laurent Gerra m’a aussi rappeler l’importance du devoir de mémoire sans pour autant être moralisateur. Je trouve très intéressant d’avoir sur ces faits des témoignages de personnes tout à fait ordinaires mais eux aussi victimes.

En bref :

Deux témoignages très touchants et plaisants à lire qui nous donnent envie de nous plonger dans le passé.

Note ♠♠♠♠♠

Il m’a attiré dans le monde des adultes en me faisant découvrir la joie de vivre.

 

J’avais 10 ans. Son départ a été pour moi une immense douleur. C’était la première fois que j’étais confronté à la mort. J’ai eu du mal à m’en remettre. Aujourd’hui, je ne vais plus voir les disparus.. Je préfère garder en mémoire l’image d’eux vivants que de devoir m’incliner devant les morts.

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