couv18120684.jpgRésumé :

Quand Mikael Blomkvist reçoit un appel d’un chercheur de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle qui affirme détenir des informations sensibles sur les services de renseignement américains, il se dit qu’il tient le scoop qu’il attendait pour relancer la revue Millénium et sa carrière. Au même moment, une hackeuse de génie tente de pénétrer les serveurs de la NSA…
Dix ans après la publication en Suède du premier volume, la saga Millénium continue.

Avis : 

J’ai lu la saga Millénium il y a quelques années et j’avoue avoir pas mal accroché à la trilogie alors quand j’ai entendu la rumeur d’un quatrième tome j’ai sauté de joie ! le changement d’auteur ne m’a pas refroidie, j’étais vraiment curieuse de voir ce qui pouvait être fait après et ce que les personnages pouvait devenir. J’ai malheureusement dû prendre mon mal en patience et attendre qu’il sorte et soit traduit, de rentrer en France et enfin, je l’ai eu à la bibliothèque. Les critiques très partagées autour de ce tome m’ont vraiment intriguée alors je me suis lancée pour me faire mon propre avis. Et j’avoue qu’après l’avoir terminé, je suis assez mitigée, je ne dirais pas qu’il est franchement mauvais comme j’ai pu lire dans certaines critiques, mais je ne le porterais pas au nues non plus.

Alors pour ce tome, on retrouve Mikael Blomkvist journaliste à la recherche d’un scoop pour sauver sa revue Millénium menacée de faillite. Et en journaliste de talent, on lui fournit beaucoup de tuyaux pour ces articles. Rien d’intéressant, jusqu’à ce qu’on lui parle de Frans Balder chercheur réputé dans le domaine de l’intelligence artificielle qui vient de rentrer en Suède. Légèrement paranoïaque depuis son retour, il pense avoir été victime d’espionnage industriel et qu’on lui a voler ces inventions. Prêt à parler il appelle donc Mikael mais il est abattu avant que ce dernier n’arrive. Son fils est témoin de la scène, mais étant autiste il ne peut ni parler, ni décrire le meurtrier de son père. A partir de là commence l’enquête de la police. Parallèlement on suit les aventures de Lizbeth Salander qui, après avoir hacker le serveur de la NSA tente elle aussi de trouver les assassins de Frans Balder, mais à des fins beaucoup plus personnelles.

Oui, la NSA rien que ça. On part un peu loin vous trouvez pas ? Et le problème c’est que, en ce qui me concerne, je n’ai pas trouvé que tous les personnages et les changements de points de vues étaient vraiment maîtrisés. J’ai trouvé le récit parfois brouillon, avec pas mal de répétition inutiles. Ça m’a donné l’impression d’une écriture très lourde à laquelle à laquelle je n’ai pas du tout accrochée. Et du coup, j’ai eu du mal à rentrer vraiment dedans. Bon, à ce niveau là je critique pas trop j’avais eu beaucoup de mal à entrer dans le premier Millénium aussi. La différence étant que le premier avait tout de même réussi à m’intriguer un minimum et qu’au bout de 100 pages je ne pouvais plus lâcher le livre. Ici, ça n’a pas été le cas, il m’a fallu près de 300 pages pour arriver à me mettre dedans ( sur 480 c’est long…) J’en suis d’autant plus déçue que je l’attendais ce tome et que j’avais énormément envie de le lire.

Le thème traité, à savoir l’espionnage industriel et la surveillance constate dont on peut être victime via internet est très intéressant et extrêmement documenté. Tout comme lorsque l’auteur nous parle d’autisme, on sent qu’il a vraiment bossé ces sujets avant son roman. On peut au moins lui reconnaître le sérieux de son travail. Néanmoins je n’accroche pas au style d’écriture de l’auteur et j’ai trouvé toutes ces explications insérées au dialogues lourdes avec un vocabulaire bien trop technique et ça m’a fait sortir du roman dans lequel j’avais déjà tant de mal à entrer…

En ce qui concerne les personnages, j’ai été heureuse de retrouver Mikael, Lizbeth et les autres ( sisisi au départ j’étais ravie, je le jure ! ). Même si l’auteur a malheureusement changé, je trouve que David Lagercrantz a extrêmement bien maîtrisé le personnage de Mikael !  On retrouve le journaliste intransigeant face à ces idéaux mais pourtant humain et plein d’empathie. Mikael, tout comme Erika et les différents journalistes du Millénium sont à mon sens bien traité et très bien maîtrisé. On peut lui reconnaître au moins ça. Non, le problème selon moi vient de sa façon dont il a traité le personnage de Lizbeth. D’accord, j’ai lu Millénium il y a pas mal de temps, mais la Lizbeth présente ici me semble bien différente de celle de mes souvenirs. Elle garde sa ligne principale, à savoir haïr les hommes qui n’aiment pas les femmes, l’injustice et sa vision manichéenne mais elle me semble plus altruiste et ouverte que ce dont je me souvenais. Des différences qui m’ont un peu dérangée. Et vu ces réactions dans la trilogie précédente au sujet des hommes qui battent les femmes, je doute sincèrement de la réaction que lui fait avoir David Lagercrantz lorsqu’elle va voir Lasse. Non lui demander de faire ces valises, ça colle pas vraiment au personnage selon moi…

L’intrigue n’est pas non plus extraordinaire. Ca part dans tous les sens, il y a tellement d’informations qu’on oublie un peu pourquoi on est là. Ce qui m’a le plus intéressée c’est les motivations de Lizbeth, pourquoi elle entreprend cette enquête ( c’était sans doute la partie la plus claire ). On finit plutôt vite à deviner la fin, mise à part un seul et unique point qui m’a légèrement surprit mais qui ne m’a pas suffit à me faire apprécier le roman. C’est moins sanglants que dans la trilogie précédente, si vous n’aimez pas le sang. Personnellement dans les deux cas ça ne me dérange pas.

Je pense que si je suis aussi critique avec ce roman, c’est parce que j’en attendais beaucoup, j’avais vraiment aimé Millénium et j’espérais que cette suite soit au même niveau, ce qui selon moi n’ai pas vraiment le cas ( oui je me justifie parce que j’aime pas descendre un livre comme ça ). Je ne dis pas qu’il est foncièrement mauvais. Si on le prend seul, il peut être un roman de gare passable, le problème vient selon moi qu’il ne peut pas tenir la comparaison avec ce qu’à fait Stieg Larsson précédemment autant au niveau de l’écriture que de l’intrigue. Et je l’attendais tellement que j’en suis encore plus déçue… Un cinquième tome sortira peut être mais je pense que je vais le bouder un moment, voir même pas le lire du tout…

En Bref :

Une suite qui, pour moi, ne présente pas franchement d’intérêt. Dommage…

Note ♠♠♠♠♠

– Vous savez ce que dit mon rabbin ?

-Non, répondit elle.

-Que ce qui caractérise l’être humain, ce sont ses contradictions. On rêve à la fois de partir et de revenir.(…) Etre vivant, professeur Sharif, c’est manquer de cohérence, partir dans différentes directions. je me demande si votre ami ne se trouvait pas à un tournant. peut être a-t-il réellement détruit l’oeuvre de sa vie. Peut-être qu’il s’est révélé dans toutes ces contradictions vers la fin et qu’il est devenu un véritable être humain, dans le meilleur sens du terme.

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