couv56556507Résumé : 

Comment la femme fait-elle l’apprentissage de sa condition, comment l’éprouve-t-elle, dans quel univers se trouve-t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai à décrire. Alors seulement nous pourrons comprendre quels problèmes se posent aux femmes qui, héritant d’un lourd passé, s’efforcent de forger un avenir nouveau. Quand j’emploie les mots « femme » ou « féminin » je ne me réfère évidemment à aucun archétype, à aucune immuable essence ; après la plupart de mes affirmations il faut sous-entendre « dans l’état actuel de l’éducation et des mœurs ». Il ne s’agit pas ici d’énoncer des vérités éternelles mais de décrire le fond commun sur lequel s’enlève toute existence féminine singulière

Avis :

Après avoir terminé le premier tome, il est logique que je me plonge dans le second, par curiosité mais aussi par intérêt pour le féministe dont on a beaucoup parlé à travers la loi contre le harcèlement de rue.

Si dans le tome précédent, on s’intéressait à la femme à travers l’histoire et de façon plutôt abstraite, dans ce volume-ci, Simone de Beauvoir s’intéresse à la femme elle même. Dans une première partie, elle s’intéresse d’abord à la femme qui grandit et au rapport qu’elle entretien avec son corps auquel elle est soumise. On passe donc de la petite fille, à l’adolescente puis à la jeune femme avec une partie sur l’initiation sexuelle et sur la lesbienne. On ne peut que constater le conditionnement des femmes tout au long de leurs vies.

Après avoir vu le rapport de la femme avec son corps et son évolution lorsqu’elle grandit, Simone de Beauvoir étudie les relations de la femme déjà au sein de la famille par rapport au mari, aux enfants puis au sein de la société. Parce que la seule façon dont la femme peut s’émanciper de sa famille et de l’autorité du père c’est par le mariage. Elle tombe cependant sous la tutelle de l’amant. Sortant de ce schéma, un chapitre est consacrée à la prostituée. Il serait cependant faux de considérer la femme comme une victime car elle profite de cette situation qui lui une place dans la société, une stabilité et sécurité monétaire dont beaucoup ne veulent se défaire. Puisque pour s’affranchir de l’homme, il faut travailler dans une société construite par les hommes pour les hommes ou l’émancipation féminine n’était pas très bien vue.

Ce second tome est très intéressant et bien plus concret de que premier. Il est aussi malheureusement bien plus complexe à lire… Cependant il vaut vraiment la peine de s’y plonger car il nous apprend énormément. L’ouvrage datant un peu beaucoup des mœurs peuvent nous sembler passées et désuètes mais cela permet de nous expliquer certaines conduite que nous avons encore de nos jours. Beaucoup de témoignages de l’époque viennent confirmer les propos de l’auteur ce qui nous donne une meilleure vision des relations hommes-femmes de l’époque. Après autant de théorie, l’auteur nous propose une façon de s’évader de la tutelle des hommes ce qui est pour moi le chapitre le plus intéressant et le plus concret.

En Bref :

Un ouvrage intéressant qui m’a beaucoup apprit. Je le recommande à toutes personnes qui veut comprendre plus en profondeur le combat féministe.

Note ♠♠♠♠♠

Etre féminine, c’est se montrer impotente, futile, passive, docile (…) Toute affirmation d’elle-même diminue sa féminité et ses chances de séduction.

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